Ex: Bourges | France Télévisions | Vincent Meslet | Cannes
FORMATION - Un titre professionnel pour les scénaristes.
En 2010, le Conservatoire Européen d’Écriture Audiovisuelle (CEEA) proposera pour la première fois aux scénaristes, d’obtenir un titre officiel validant leur activité professionnelle, sans effectuer au préalable les deux années de formation du Conservatoire. Cette démarche (une première en France pour les scénaristes) est appelée Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). La VAE est un moyen pour les auteurs d’œuvres audiovisuelles d’affirmer leur professionnalisme et de montrer, par un biais légal, qu’être scénariste est un métier à part entière.
Le Conservatoire est une association à but non lucratif, fondée en 1996 et qui a pour fonction de former des auteurs, débutants ou non, à l’écriture audiovisuelle. Elle est financée par TF1, France Télévisions, Canal +, Arte France, M6, le CNC, la SACD et la Procirep (société des producteurs de cinéma et de télévision) et soutenue par l’UGS, le CDA, l’USPA (Union Syndicale de la Production Audiovisuelle) et le SPFA (Syndicat des Producteurs de Films d’Animation).

Chaque année, 12 à 14 élèves intègrent la formation permanente d’une durée de deux ans, sanctionnée depuis octobre 2007 par un diplôme de scénariste enregistré au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), et validé par le Ministère de l’économie, des finances et de l’emploi.
Le CEEA propose aussi des formations continues plus courtes pour les professionnels cherchant à affiner leurs connaissances ou à se réorienter.
Vous trouverez plus d’informations sur le site du CEEA.
Sur le portail du Ministère de l’économie, des finances et de l’emploi, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est décrite comme un dispositif permettant l’obtention de tout ou partie d'une certification (diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification professionnelle) sur la base d'une expérience professionnelle salariée, non salariée et/ou bénévole et/ou volontaire.
Cette expérience, en lien avec la certification visée, est validée par un jury.
La VAE du CEEA - mise en place après consultation de l’UGS (Union-Guilde des Scénaristes), du CDA (Club des Auteurs) et de l’AGRAF (Auteurs Groupés de l’Animation Française) sur les critères d’accessibilité - permet d’obtenir auprès d’un jury de professionnels, le titre professionnel de scénariste. Ce diplôme est remis depuis octobre 2007 au terme de la formation en 2 ans (formation longue de l’école), après examen du contrôle continu de chaque élève et soutenance devant un jury professionnel, d’une continuité dialoguée de 90 minutes.
Ce titre, comme le souligne le portail du CEEA, « sanctionne les compétences propres au scénariste, c’est-à-dire l’ensemble des savoirs et savoir-faire effectivement mis en œuvre dans la pratique du métier d’écrivain de fictions audiovisuelles ».
À quoi sert la VAE ?Le titre obtenu au CEEA est de niveau 1 (Master 2 anciennement Bac+5) et permet à ceux qui l’obtiennent de présenter une équivalence pour pouvoir s’inscrire à certains cours universitaires ou à des concours. Néanmoins, le besoin de se renseigner au préalable reste bien présent et toutes les universités ou les écoles n’acceptent pas cette équivalence.
Qu’en est-il des retombées professionnelles une fois le titre obtenu ?
Patrick Vanetti, directeur du CEEA, est très clair sur la question : ce titre n’a pas pour vocation première de faciliter la signature de contrats, mais bien d’afficher et de revendiquer le professionnalisme des scénaristes.
Cette VAE est alors une manière inédite de défendre un métier souvent bafoué et de permettre, en plus des actions menées par les organisations comme l’UGS et le CDA, aux auteurs les plus chevronnés de faire valoir leurs droits et leurs compétences avec un peu plus de poids.
La VAE est régie par divers articles du code du travail et de l’éducation.
Le critère principal d’accessibilité, quel que soit le métier ou le titre concerné, est une condition d’expérience : le candidat doit prouver qu’il a au moins 3 ans d’expérience dans le domaine concerné sur les 10 dernières années.
Pour obtenir le diplôme via le canal de la VAE, il faut donc conformément à la loi, justifier d’une pratique régulière.
Ceci se fait au moment de la demande d’un premier livret édité par le CEEA (Livret 1 « Étude de recevabilité » téléchargeable ici).
En remplissant ce livret, les candidats doivent, en plus de fournir les traditionnels CV et lettre de motivation, pouvoir justifier de l’écriture d’au moins 180 minutes de programmes audiovisuels sur une période de 3 ans minimum.
Certaines restrictions s’appliquent légalement à ces programmes. Ceux écrits plus de 10 ans avant l’année de candidature à la VAE, ne sont pas valables (cette année, seuls les programmes écrits entre 1999 et 2009 seront pris en compte). Seuls les formats d’une durée comprise entre 90 minutes et 13 minutes sont acceptés.
Heureusement, il est toutefois possible d’inclure des formats plus courts dans le livret, mais dans ce cas, il est indispensable que le candidat justifie de l’écriture d’au moins une œuvre au format minimum de 13 minutes.
Enfin si tout ou une partie de ces programmes a été écrit, mais est resté invendu, la validation ne pourra être que partielle. En effet, une des compétences enregistrées dans la saisine du RNCP est « Vendre son travail ». La VAE ne sera complète que lorsqu’au moins un des programmes du candidat aura été vendu.
Bien entendu, des justificatifs (bulletins SACD, contrats de cession de droits ou d’options, …) sont demandés au candidat.
Pour respecter les délais de la session de cette année, il faut envoyer son livret 1 (ou d’accessibilité) au CEEA avant le 4 février 2010.
Une fois cette étape administrative et légale passée, le Conservatoire envoie aux candidats déclarés accessibles un deuxième livret (Livret 2 : « Présentation des acquis de l’expérience »). Il s’agit d’un questionnaire détaillé, où le candidat est amené à analyser son parcours professionnel et ses pratiques d’écriture.
En plus de ce questionnaire, il faut aussi remettre au minimum un scénario d’au moins 13 minutes. Mais cette fois, la vente ou la diffusion de ce texte n’est pas une condition obligatoire.
L’intégralité de ce livret 2 et la continuité remise servent de base au jury de la VAE (composé de cinq professionnels : un scénariste, un réalisateur, un producteur, un diffuseur et un représentant du CEEA) devant lequel le candidat présentera son travail en soutenance.
La date limite pour remettre le livret 2 cette année est le 18 mars 2010. La soutenance face au jury aura lieu le 8 avril 2010.
Malheureusement, la VAE a un coût ! Le prix fixé en concertation avec le CDA et l’UGS, est de 700 euros toutes taxes comprises, déductible des frais professionnels. Par ailleurs, comme le statut d’auteur ne donne pas accès à un fonds de formation continue, il est impossible pour le scénariste de trouver un financement, s'il ne jouit pas d’un autre statut (voir plus bas). Cette première VAE des scénaristes relance donc le débat de la capacité des auteurs à trouver un financement pour se former. Le CEEA (mais aussi la Femis et d’autres organismes comme Ina-Sup) propose des formations continues qui restent inaccessibles pour les auteurs ne disposant pas d’un pécule conséquent, alors que ces cours sont susceptibles de les intéresser en priorité ! Face à un tel paradoxe, la nécessité de relancer le débat sur la création d’un fonds de formation relative au statut d’auteur redevient cruellement d’actualité.
En revanche, si le candidat jouit de l’un des statuts listés ci-après, il peut envisager d’être financé pour cette VAE :

On peut saluer l’entreprise du CEEA de vouloir fédérer les auteurs à travers un document juridique de poids, tout en cherchant à valoriser leur professionnalisme. Néanmoins, l’absence d’un fonds de financement reste un problème majeur, qui pourrait échauder plus d’un candidat potentiel à cette VAE. La nécessité de relancer le débat sur la création d’un fonds de formation propre aux auteurs semble vital au vu de l’émergence d’un titre professionnel de scénariste en France. Toutefois, la création de ce titre et le fait qu’il existe maintenant plusieurs manières pour les auteurs de l’obtenir pourraient servir d’argument de poids pour l’élaboration d’un fonds. Il faut en effet rappeler que l’UGS mène des actions à ce sujet depuis une dizaine d’années et que les auteurs pourraient bénéficier de la visibilité apportée par ce titre de scénariste.
On peut aussi déplorer la confidentialité de cette démarche. Même si une VAE pour les scénaristes reste un concept récent, la réunion du 19 janvier, prévue à l’attention des auteurs susceptibles de poser une candidature, n’a pas reçu le succès escompté malgré le relais offert par le CDA, l’UGS et l’Agraf . Il est vrai que la création d’un titre de scénariste fait débat au sein même de la communauté des auteurs, mais cette réalité ne suffit pas à justifier le manque d’intérêt face à une nouveauté qui pourrait contribuer à une revalorisation du métier d’auteur d’œuvres de fiction audiovisuelle en France.
Enfin, comme il a été dit plus haut, le concept est encore jeune, et il a encore le temps de se faire connaître. Pour le moment, on attend avec curiosité les résultats de cette première session : combien de scénaristes seront « titularisés » en 2010 ?
C’est pas mal comme cliffhanger, non ?
Qui sommes-nous ? | Contact | charte des données et mentions
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés
Pas encore de réactions...
Soyez le premier à déposer un commentaire !
Scénaristes.biz vous donne la parole. Il suffit d'être connecté pour pouvoir déposer un commentaire sur cet article.
Si vous ne disposez pas encore d'un compte membre,
inscrivez-vous, c'est gratuit !